A la rencontre de… Laurent Richard

On embarque pour la Bretagne où nous retrouvons Laurent Richard, illustrateur pour la presse et la jeunesse. Prêt pour une petite balade en sous-marin ?

richard laurent 300x192 A la rencontre de... Laurent Richard

Rencontre réalisée en février 2010

1. Une anecdote, bonne ou mauvaise à partager sur votre vie d’écolier ?

J’ai eu une vie d’écolier un peu particulière. Guidés par l’envie d’enseigner autrement, ma maman et ses collègues enseignants ont mis en place un projet éducatif dans une école à « aire ouverte »  créée en Bretagne en 1977. Cette école bénéficiait d’une architecture innovante avec de grands espaces ; musique, éducation physique et arts plastiques y tenaient une place importante à côté des maths, du français et des sciences. J’ai des super souvenirs de ces années. Ce type d’école impliquant nécessairement beaucoup de réunions entre instits, un gros travail d’équipe et de concertation, j’ai passé beaucoup de temps « de l’autre côté » : dans la salle des « maîtres » à jouer au ping-pong. Ce n’est certes pas une vraie anecdote d’école, mais j’avoue que pour moi, les images de mon enfance à l’école sont un peu à frontières floues : j’ai passé mon temps avec des enseignants, le matin avant l’école, le soir après l’école, en vacances ! C’est un peu comme si j’étais né dans une école ! D’ailleurs, c’est presque vrai puisque ma première maison, c’était un logement de fonction dans une école, mes premiers lieux de jeu « à la maison » : une classe et une cour d’école !!!

2. Quelle serait votre école idéale ?

Elle n’est pas très loin de ce que j’ai vécu : j’aimais beaucoup l’idée d’une école où plusieurs enseignants se partageaient une même classe et sortaient de cette notion de « maître unique », ils avaient l’ambition d’apprendre à apprendre, celle d’associer plaisir et effort. Même si je suis conscient que « cette école » demande beaucoup d’investissements de la part des enseignants et que le travail réel en équipe est difficile à mettre en place et à tenir, ne serait-ce que parce qu’il est difficile d’être en phase à plusieurs. Ceci dit, je trouve que l’école en France est plutôt une belle réussite, la maternelle est une vraie belle exception française et on doit la défendre. Seule la trop grosse pression sur la classe de CP me perturbe un peu, on perd beaucoup de ce qui faisait la qualité de vie de la classe de GS, notamment en ce qui concerne les activités plastiques. C’est un peu comme si on leur disait à 6 ans : attention, là, on ne s’amuse plus, on est des grands et il faut apprendre à lire et à écrire !!! Bien sûr, ce n’est pas vrai partout et beaucoup d’enseignants arrivent à trouver un bon équilibre, mais trop souvent, je vois des classes de CP un peu tristes, des belles lignes d’écriture aux murs, des cartes, mais plus de dessins, pas de peintures… L’école idéale, c’est celle où on prend du plaisir autant que du savoir.

philo 244x300 A la rencontre de... Laurent Richard

3. Enfant, quels étaient les héros qui vous faisaient rêver ?

Comme beaucoup, j’avalais les Astérix et les Tintin, j’étais aussi fan des tuniques bleues. Côté illustrations, ce sont surtout les images de Ungerer qui me reviennent et puis les dessins de Sempé, sublimes ! Le petit Nicolas par exemple… encore du Goscinny !

4. Étiez-vous douée pour le dessin étant enfant ?

Doué, je ne suis pas sûr que ce soit le mot… Mais j’aimais ça, c’est certain. Je me souviens d’avoir décidé en CM2 que c’était le métier que je voulais faire : qu’un jour je ferai des dessins dans les livres !!!

5. Qu’est-ce qui vous a convaincu de devenir illustrateur ?

Il n’y a pas eu de réel déclic, c’était une suite logique pour moi… j’aime produire des images, donc, super si on veut bien de mes dessins et que j’arrive à en vivre !
J’ai trouvé dans l’illustration jeunesse un monde plus ouvert que celui de la BD, où des livres proches de l’abstraction côtoyaient des livres aux images très réalistes et soignées, alors je me suis dis qu’il y avait de la place pour tout le monde, quelque soit le type d’image que vous avez envie de créer.

bateau 300x290 A la rencontre de... Laurent Richard

6. Quelle formation, quelles études, avez-vous suivi pour cela ?

Je n’ai pas suivi de formation spécifique à l’illustration, mais dans le cadre mes études d’arts appliqués (BTS de communication à l’école Estienne à Paris), j’ai eu des cours de dessin, d’arts plastiques, de graphisme, etc… Je suis aussi devenu professeur d’arts graphiques après quelque temps dans le monde impitoyable des agences de communication !

7. Des conseils à donner à ceux qui voudraient se lancer dans une carrière de dessinateur ?

Outch ! Pas simple… À part qu’il faut bosser un minimum. S’il y a la motivation et le plaisir de faire, tout est possible. C’est un domaine où il n’y a pas vraiment de routes toutes tracées : on peut passer par une école, on peut travailler seul. Le tout est d’arriver à des images qui vous paraissent bien tenir la route dans le cadre des publications que vous visez (BD, livres jeunesse, magazines…), de constituer un dossier d’une trentaine d’illustrations ou de pages BD et de contacter des éditeurs.

ill5 300x206 A la rencontre de... Laurent Richard

8. Quels sont les univers dont vous vous inspirez ou qui influencent le plus votre travail ?

Je lis pas mal, par cycle : littérature anglo-saxonne, polars, romans français… Je m’intéresse à la création en générale : arts plastiques, architecture, animation… et particulièrement à la création graphique. Mais c’est difficile de faire ressortir ce qui influe directement sur mon travail. J’essaye de faire ma route, je me sens encore assez loin des images que j’aimerais développer. Je suis impressionné par certains de mes collègues qui arrivent à 25 ans ou moins, avec une écriture puissante et très aboutie. Moi, j’ai l’impression d’avancer tellement lentement. Je n’ai pas la prétention d’inventer quoi que ce soit, je pioche à droite à gauche, je fais ma cuisine en fonction de ce que j’aime en essayant de développer quelque chose de personnel. Les illustrateurs et dessinateurs que j’aime sont assez nombreux et cela aurait peu de sens d’en citer deux ou trois.

9. Quel autre métier auriez-vous aimé faire ?

J’aurais aimé être Chef d’un beau restaurant ! Je suis fasciné par l’univers des cuisines, même si je suis conscient des difficultés (les horaires entre autres !)  de ce métier et que je ne suis pas sûr que j’aurais pu assumer ça ! Et puis c’est une idée qui est venue sur le tard, mais je crois qu’on fait un travail de création pas si éloigné. J’aime faire la cuisine pour mes amis… pas seulement des carottes, même si mon bonhomme petit pois, lui, raffole de ce légume ! (image jointe / extraite de « Les carottes sont cuites » à paraître chez Beluga).

10. Alors, ça bulle ? ( Qu’est ce que vous aimez faire pour vous changer les idées, vous détendre ?)

Ben des bulles justement ! En plongée sous-marine, une activité qui me fait basculer dans un autre monde et qui me permet de vraiment m’évader. C’est une des raisons qui m’a amené à quitter Paris pour m’installer plus près de la mer.

Pour suivre Laure sur le net :

- http://www.laurent-richard.com/

- http://www.laurentrichard.blogspot.com/

sousmarin 640x452 A la rencontre de... Laurent Richard

Partagez cet article :
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard
  • services sprite A la rencontre de... Laurent Richard






719 vues

Laissez votre commentaire